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Tout ce qui est reproductible peut être contrefait, quelle que soit la technologie de fabrication. Les produits les plus communément copiés sont les biens de consommation courants, mais que la marchandise soit à destination des individus ou des entreprises, la contrefaçon se retrouve partout, sur tous les secteurs.

Le trafic s’étend à tous les domaines et internet regorge d’offres alléchantes. Les ventes parallèles ou les contrefaçons trouvent sur internet un canal pour écouler la production, et ce potentiellement dans le monde entier. Les forums d’échange, réseaux sociaux et sites marchands contiennent un nombre impressionnant de publications qui proposent des produits qui n’aurait pas dû être vendus sur ces supports de vente.

Fond bleu

Statistiques de la contrefaçon

Dans le rapport de l’Union des Fabricants, il est stipulé que la contrefaçon coûte 100 milliards de dollars par an aux pays du G20. Bercy parle de 6 milliards d’euros pour le coût induit par la contrefaçon en France. Une partie de ce chiffre vient de la perte de taxes. Les contrefaçons textiles sont dommageables pour toute une filière. L’achat de contrefaçons détournent les ventes et gains de la marque au profit du contrefacteur avec pour résultats finaux la baisse des investissements et des pertes d’emplois. C’est un coût non négligeable pour l’entreprise qui investit pour sa R&D ou en campagnes publicitaires. La préférence pour les contrefaçons se répercute sur toute la chaîne logistique et sur l’emploi. Selon l’ONU, ce serait 100 000 emplois perdus tous les ans dans l’Union européenne, dont 30 000 pour la France.

L’organisation Frontier’s economics estime que si la contrefaçon était éradiquée, ce serait 2,5 millions d’emplois qui seraient créés à travers le monde. Et ce chiffre n’est que la fourchette basse car il faut prendre en compte les effets sur la chaîne logistique, fournisseurs ou détaillants, qui verraient des offres de travail émanées de leurs parts.

Des conséquences et répercussions dommageables pour les pays

Le marché mondial des contrefaçons et des ventes parallèles est en constante évolution, avec  une accélération liée à la mondialisation et aux nouvelles technologies, particulièrement soutenues par les organisations criminelles mondiales. Les saisies douanières sont passées de 200 000 articles en 1994 à 4,6 millions en 2012 en France. Tous les secteurs sont touchés, du marché de grande consommation (produits alimentaires, boissons, hygiène, cosmétiques, vêtements et accessoires de mode, électronique, …), en passant par les alcools, le tabac, les médicaments, l’évènementiel, aux marchés entre professionnels (pièces détachées, fils électriques, ciments, produits chimiques, composants électronique …).

Statistiques mondiales

Selon les dernières statistiques disponibles, notamment publiées par l’OCDE, 500 milliards de dollars découlent de la contrefaçon en 2012, soit 10% du commerce mondial.

  • 9 millions de produits contrefaits saisis en 2011
  • 1,1 million de vêtements contrefaits saisis en 2011
  • 500 000 jeux et jouets saisis en 2011
  • Jouets: 12 % du marché mondial
  • Cosmétique : 10 % du marché mondial
  • Médicaments : 75 milliards de dollars en 2010 (+90% par rapport à 2005)

Le World Economic Forum évalue la contrefaçon de médicaments à environ 200 milliards de dollars. Ce serait le premier secteur de trafics illicites devant la prostitution et la marijuana.

En 2011, sur les 115 millions de contrefaçons interceptées par les douanes européennes, plus de 27 millions concernaient des médicaments contrefaits et plus de 20 millions des cigarettes de contrefaçon. Parmi les contrefaçons interceptées par la douane de l’Union Européenne, 84 % provenaient d’Asie, avec une nette prédominance de la Chine (près de 73 %), suivie par Hong Kong (8%) et l’Inde (3%). Pour plus d’information sur ce sujet.

Les autres zones traditionnelles de provenance et de transit restent le Moyen-Orient (avec les Émirats arabes unis), le bassin méditerranéen (la Turquie notamment), l’Europe du sud (avec la Grèce), auxquels s’est ajoutée en 2011, la Syrie. D’après le chercheur Roger Bate, « la proportion de médicaments contrefaits serait de moins de 1 % dans les pays développés (Etats-Unis, Royaume-Uni, Europe) et d’environ 10 % dans de nombreux pays en voie de développement (Russie, Chine) »

Le programme IMPACT de l’OMS a de son coté, estimé l’ampleur des contrefaçons comme suit :

  • un médicament sur 3 serait contrefait dans certains pays africains, asiatiques ou d’Amérique latine
  • un médicament sur 5 serait contrefait dans les anciennes républiques soviétiques La Chine et l’Inde sont les zones de productions les plus actives en termes de fabrication de faux médicaments. D’autres zones moins actives comme la Russie, le Nigéria ou les Philippines sont également régulièrement citées dans les rapports internationaux.

Statistiques européennes

Le rapport de la commission européenne, publié en 2014, traduit l’importance de la contrefaçon en Europe avec 35 940 294 articles saisis pour une valeur estimée de 768 227 929 €.

La hausse la plus impressionnante (soit plus de 50% par rapport à 2012) vient des catégories denrées alimentaires, boissons alcoolisés, bijoux et autres accessoires, téléphones mobiles, CD/DVD, jeux et jouets, médicaments, pièces de rechange et accessoires automobiles et équipements de bureaux. La baisse la plus significative (soit plus de 50% par rapport à 2012) se situe sur les catégories suivantes : cartouches d’encre et toners, articles de sport, cigarettes et autres produits du tabac, machines et outillage, briquets, étiquettes, autocollants et textile. Le rapport de la commission européenne traduit la forte présence des vêtements, des médicaments et des jouets, parmi les produits introduits illégalement sur le territoire. 12,33% des prises sont des saisies de vêtements. Les médicaments et jouets représentent, respectivement, 10,10% et 7,63% des articles contrefaits saisis par la douane. Quant aux cigarettes, elles représentent 8,95% des saisies. Concernant les saisies, les chiffres soulignent une perte financière de plus de 768 millions d’euros en Europe. Les pertes les plus importantes concernent le secteur des montres et lunettes de soleil qui à elles-seules représentent, respectivement, 20,61% et 11,59% de la valeur totale des saisies. Quant aux sacs et autres accessoires (portefeuille, porte-monnaie) ils représentent 11,59%. Les parfums et cosmétiques représentent, quant à eux, 7,20% des saisies.

Catégories de produits contrefaits en 2008